2014年8月26日火曜日

Christine Moiroux: Il suffisait de presque rien

小さなきっかけ                   

 「口では何とでも言える」という考えだけは母に同感で、父はいつでも私を無視するか殴りつけて指図した。二人は私を息子だと紹介したが、こちらとしても彼らの言葉を、真に受けるつもりはない。確信を揺るがす疑念はひとつだけ、皆が同じ青い眼をしていることだ。それを絆というのか偶然か、私たちを近づけ、一つにするものだったのかもしれない、たぶん。

 ある日、その名も自由の種撒き人、リバティー・シーダーが農場の入り口に現れ、父母に働き口はないかと尋ねた。「農場では何時も人出がいるでしょう、お代はスープ一杯、藁布団、あとは旅を続けるための小銭でけっこう。」などと両親を口説き、しばらく雇われることになった。今日の仕事はもうすんでいたので馬小屋わきの納屋に陣取り、まずはスープを待つ間に、かなり堅そうな木切れを彫り始めた。何をするつもりだろう、私は農場の二枚の門扉の隙間からこっそり見ていた。この男、何か気にかかる、これまでに覚えのないような強い自信に満ちている。しばらくして、食事中は皆ぐったり疲れていたので口数も少なかった。それでもヒゲの大男は身振りも大きく、眼にはあふれんばかりの微笑みをたたえていたので、私はその光を追って食卓の上で眼を合わせよう合わせようとした。私にとって冷え切った台所にいるこの男は、まるで冷たい暖炉に燃える火種のようであった。 夜になっても、禁じられてはいたが彼の後についていく。どっしりした背中が頑丈な足の上に真っ直ぐのび、それが黄昏の薄明かりの中でゆさゆさと揺れる。 彼はまた納屋に戻る、そこは私のお決まりの隠れ家だったが、それを彼に譲るのがうれしい。小刀を取り出し、男はまた木片を彫りはじめた。何にするのか尋ねると、「俺のような季節の流れ者は後に続いてやってくる仲間に知らせるため、雇われた農場の門扉に、そこの待遇がどうであったかを示す秘密のサインを残していくものだ。サインの期限は一時だ。人は変わるものだからね。」 同じように、彼はイコールの印(2本の平行線)を見せてくれた。「これはもてなしの良かった家の印だよ。×印なら立ち寄らないで行った方が良い。」そして彼は、より細かい評価の印を地面に描いた。
    翌日もその翌日も畑で家族を助け、がむしゃらに働き、あきれるほどの干し草の束をその広い背中に担いだ。彼の動く足取りは、ゆっさゆっさと波に揺られるようだ、それほど肩が人より高くにあった。私の頭上に怒った父の雷が落ちるのを聞くと茶色の太い眉をギュッと寄せて、父に厳しい眼差しを投げつけた。好意的な彼の存在は、かえって私の日頃の不満を際立たせてしまった。おどおどしたずるがしこい目つきで、日長一日、私をあからさまに邪険にしている父とは全く対照的に、彼の人となり全体が揺るぎない生成り思いやりを放っていた。横暴な母にしても父よりましだとは言えない。毎晩、彼の所に行った。
彼がいると私を捕らえていた沈黙が破られる。彼は、寒さ、風、飢え、あるいは誠意についても話し、私は、自由な生き方とはこういうものかと思い描いた。彼の話を聞いていると、新鮮な空気をコップでごくごく飲んでいるような心持ちがした。世界について問いかければ、つぶやくように答えてくれる。私は思いつくまま質問する。自分のおかしな家族についての疑いも話してみた。この家は、私には決して見抜けない秘密を胸に隠しているに違いないから。
  数日後、彼は干し草の取り入れが終わったので明日出発しますと家族に告げた。納屋に引き上げる前に渡したいと言って、母がテーブルの上に置いたコインを指で押し進めると、すかさず父が、目の前にいる友人を無視した不作法な物腰でそれを取り上げた。彼は別れを言ってさっさと納屋に引っこんだ。私がのぞきに行ってみると、もうとっくに藁団で寝入っている。なんてことだ、まだ聞きたいことがたくさんあったのに!明け方、出発の気配を伺っていたが分からなかった。恐らくもう遠くまで行ってしまったのだろう。
  優しかった彼がもういない、その日は一日中どんな無茶も言われるがまま、ただ黙々と仕事をした。翌晩はなかなか寝つけないでいるうちに、はっとサインのことを思い出した。すぐに起き上がると庭は満月の光でいっぱいだ、私は飛び出して、彼が残していったはずのサインを探し回った。捜索は危機的だった。土手の影、石の下、草の中、門扉の右手、ない。あっちはどうだ、郵便受けの上、茨の茂み、ああついに彼の木片を見つけた、ついている字の彫りは「とどまるな、この家は良くない」。このメッセージで、私の中に反乱のスイッチが入った。これまで保留にしてあった感情を有効とされたかのように。その一瞬のひらめきが私の斬新でしかも揺るぎない意志を、実の親ではないと確信している不足の父母と決別しようという考えを、強めた。誰も私がどこから来たか明かさない、堅い秘密だ、かまうものか、もうわかった、月の下で悟ったのだ、ここは私の家じゃない。すぐに身の回りの荷物をまとめ、リバティー・シーダーの足跡を追ったが、もう二度と彼に会うことはなかった。

  彼は黙ってそこにいるだけで私を引きつけて止まない、ただそれを感じただけで、幸いにも私の人生は動き出した。何でもないことが、しばしば人生の流れを変え、自身の運命を遂行するための兆しを信じさせるに十分たり得る。何かが私に道を示しているのだと。

2014821日訳  宮澤みよ子 





Il suffisait de presque rien
                                                                          Christine Moiroux                                  

« Je n’en crois pas un mot », voilà toute la confiance qu’elle m’accordait et lui, il m’ignorait ou me donnait des ordres en me battant. Ils me présentaient comme leur fils. A mon tour de ne pas en croire un mot. Un seul doute ternissait ma certitude : nos yeux étaient du même bleu. Un lien ou une coïncidence qui aurait pu nous rapprocher, nous unir, peut-être. L’enfant en mal de tendresse que j’étais en rêvait, l’adolescent le redoutait.
Un jour, Liberty Seeder, le semeur de liberté, c’est ainsi qu’il s’appelait, s’est présenté à la porte de la ferme et demanda du travail à mes parents : « Dans une ferme il y a toujours quelque chose à faire, un bol de soupe, une paillasse et une pièce pour continuer la route. » Il les convainquit ainsi de l’employer pour un temps. Comme la journée finissait, il s’installa dans la grange près des écuries, en attendant le souper il se mit à sculpter une bûchette dans un bois un peu dur. J’étais curieux et l’observais en cachette par un interstice entre deux planches du portail. Cet homme m’intriguait car il donnait l’impression d’une force confiante telle que je ne l’avais jamais ressentie. Un peu plus tard, lors du repas, peu de mots s’échangèrent car une morne fatigue enveloppait les corps. Toutefois, le grand barbu aux gestes mesurés avait un immense sourire dans les yeux, une lumière que je cherchais par-dessus la table en essayant de croiser son regard. Pour moi, l’homme était dans cette cuisine comme une flamme de vie dans un âtre froid. Le soir même, bravant l’interdiction, je le suivis. Son dos droit massif tanguait sur ses jambes solides dans la pénombre du crépuscule, il rejoignit la grange, mon refuge habituel que je lui prêtais volontiers. Il sortit son couteau et se remit à sculpter la bûchette. Je lui demandai à quoi elle servirait, il me répondit que les saisonniers comme lui laissaient toujours un signe caché au portail de chaque ferme pour avertir les camarades suivants de l’accueil qu’ils y trouveraient. Des signes temporaires, car les gens étaient changeants. Il m’indiqua ainsi que deux lignes parallèles signifiaient une maison accueillante, une croix signifiait qu’il valait mieux passer son chemin, puis il dessina sur la terre d’autres signes appréciatifs plus nuancés.
Le lendemain et les jours suivants, il nous aida aux champs, il travaillait dur et chargeait d’énormes bottes de foin sur son dos large. Il se déplaçait d’un pas comme chaviré par la houle car il avait une épaule plus haute que l’autre. Dès qu’il entendait la tempête gronder sur ma tête, pour montrer son mécontentement, il lançait à mon père un regard dur tout en fronçant ses épais sourcils bruns. Sa présence bienveillante ne faisait qu’accentuer mon malaise. De sa personne entière respirait une franche humanité contrastant totalement avec le regard fuyant et malin de mon père qui libérait, à longueur de journée, sa hargne contre moi. Ma mère tyrannique ne valait pas mieux. Je rejoignais cet homme tous les soirs, en sa présence j’avais l’impression de rompre un silence qui m’engluait. Il me parlait de froid, de vent, de faim et de loyauté qui évoquaient une vie de liberté. J’avais l’impression de boire ses paroles comme un bol d’air frais. Il répondait bougon à mes questions sur le monde. Je lui disais spontanément mes interrogations, lui racontais mes doutes au sujet de cette drôle de famille qui, j’en étais sûr, portait en son sein un secret que jamais je ne pourrais percer. Après quelques jours, il annonça qu’il partirait le lendemain puisque les foins étaient terminés. Avant qu’il ne se retire, ma mère voulut lui donner une pièce qu’elle avança d’un doigt sur la table, mon père la confisqua aussitôt avec un geste grossier que mon ami ignora. Il salua et s’en alla aussitôt vers la grange. Quand je le rejoignis, je le trouvai déjà endormi sur sa paillasse. J’étais au désespoir, j’avais encore tant de questions ! Au petit matin, je guettai son départ mais il était sûrement déjà loin car je ne le trouvai pas.
Pendant toute la journée sa présence bienveillante me manquât, je travaillai sans mots dire, acceptant toutes les humiliations. La nuit suivante je ne pouvais dormir et tout à coup, je repensai au signe. Je me levai aussitôt, les rayons de la lune pleine inondaient la cour, je sortis et me mis à fureter cherchant celui qu’il aurait laissé. La prospection était malaisée dans l’ombre du talus, sous la pierre, dans les herbes, à droite du portail, rien ; de l’autre côté, sur la boîte aux lettres, dans les ronces, j’y trouvai enfin la bûchette évasée sur le haut et qui portait une croix gravée : « Ne vous arrêtez pas, la maison est mauvaise ». Ce message déclencha en moi une révolte comme s’il validait un sentiment resté jusque là en suspens. En un éclair, il me conforta dans ma volonté, toute neuve mais inébranlable de quitter cette mère et ce père indignes qui, j’en étais sûr, ne pouvaient être les miens. Personne ne m’avait révélé d’où je venais, un secret bien gardé, peu importe, j’ai simplement réalisé sous la lune que celle-ci n’était pas ma maison. Je fis immédiatement mon balluchon et pris la route sur les pas de Liberty Seeder que je ne revis cependant jamais. Il avait par sa seule présence aimante et silencieuse heureusement inspiré ma vie. Il suffit souvent de presque rien, de faire confiance aux signes pour infléchir un chemin et accomplir sa propre destinée.

2014年8月20日水曜日

Haiku: Santoka Taneda 







この道を いくたり行きし われは今日行く
(このみちを いくたり いきし われは きょういく)

Combien de gens sont-ils passés cette rue ?

Moi, aujourd’hui.









山頭火 (種田正一) 



Santoka Taneda (vrais nom : Shoichi Taneda)

1882.12.3-1940.10.11

2014年8月16日土曜日

Haïku traduit en français : Tatsuko Hoshino

13.  今たしか少し時雨れてをりたるに
       (いま たしか すこし しぐれておりたるに)

       Un instant
       Il pleuvaient faiblement
       J'en suis sûr




14.  泪ぐみ 月に面を上げており
        (なみだぐみ つきに おもてを あげており)

       Larmes aux jeux
         Je lève la tête
        Vers la lune


15.  重き雨堂々降れり夏柳
       (おもき あめ どうどう ふれり なつやなぎ)
   
       Il pleut à torrents
       Lourd à se tenir
       Seule pleureur d'été




2014年8月10日日曜日

Les roses de Saadi

サーディの薔薇


朝の薔薇 
君にとどけん  我が思い
手折りし花は 数知れず
 帯に挿し入れ そのあまり
 結び目ほどけ 飛び散れば
吹く風にのり  海原へ
水の流れの  なすがまま
 波は真紅に   燃ゆるほど
今宵なお
我が衣手は 香り立つ
  芳しきかな 我に来よ君!


     マルセリーヌ・デボルド・バルモール詩









Les roses de Saadi

Marceline Desbordes Valmore

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolees
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.


2014年7月4日金曜日

Chanson populaire de Gion à Kyoto

祇園小唄(ぎおんこうた)

Chanson populaire à Gion


  小説(しょうせつ)()長田(ながた)幹彦 (みきひこ)(1887-1964) 京都(きょうと)祇園(ぎおん)舞台(ぶたい)繰り広げ(くりひろげ)られた芸妓(げいこ)舞妓(まいこ)にまつわる小説(しょうせつ)多く(おおく)(のこ)していますその(なか)映画(えいが)となった()日傘(ひがさ)()主題(しゅだい)()()(かれ)()作詩(さくし)です(です)当時(とうじ)()無声(むせい)映画(えいが)()ため(ため)字幕(じまく)()合わ(あわ)()()スクリーンの(かたわら)舞子(まいこ)姿(すがた)歌手(かしゅ)舞い()ながら歌い(うた)一世(いっせ)風靡(ふうび)しました

                    


                                         https://www.youtube.com/watch?v=9IXZqA-ghL8


  Un écrivain,  Mikihiko Nagata, a écrit plusieurs romans d'amour dont les scènes se passent dans le quartier de Gion. Ce sont des histoires de maiko (jeune fille pratiquant la danse traditionnelle japonaise). Parmi ses œuvres, "Ombrelle dessinée" a été adaptée à l'écran. Il a écrit également les paroles de la musique de ce film. A cette époque le cinéma était muet et une chanteuse vêtue d’un kimono  chantait à côté de l'écran en dansant. C’était la manière de faire à l’époque et cela séduisait les spectateurs.



       祇園小唄           

長田幹彦作詞・佐々紅華作曲  訳詩:宮澤みよ子

月はおぼろに東山                        Lune voilée à Higashiyama.
霞む(かすむ)夜毎(よごと)のかがり火に     Éclairée vaguement par le feu des torches
夢もいざよう(べに)(ざくら)            Les fleurs rouges de cerisier s'absorbent dans leur rêve
しのぶ思いを振袖(ふりそで)              Les manches longs de kimono s'émeuvent 
                                                         à des songes secrets
祇園(ぎおん)(こい)しや だらりの(おび).          Je me souviens du quartier Gion
                                                    Avec sa ceinture lâche  vue de dos
2.
夏は河原(かわら)夕涼み(ゆうすずみ).                 La fraîcheur d'un soir d'été au bord de la rivière
白い(えり)あしぼんぼりに       Sous la lumière des lampions son cou blanc se détache
かくす(なみだ)口紅(くちべに).                      Son rouge ardent cache les larmes
燃えて()()をやく大文字(おおもじ)            Vois-tu le signe qui s'enflamme dans la montagne?
祇園(ぎおん)しやだらりの(おび)
3.
(かも)河原(かわら)(みず)やせて    Le cours d'eau de la rivière Kamo devient toujours plus fin
咽ぶ(むせぶ)瀬音(せおと)(かね)(こえ)                   Son murmure enroué se mêle au son de la cloche
()れた柳に秋風(あきかぜ)( ).               Le vent dautomne souffle à travers le saule pleureur
泣く(なく)今宵(こよい)()もすがら.      Son long sanglot s'entend  pendant toute la nuit
祇園(ぎおん)恋しや(こいしや) だらりの(おび)
4.
(ゆき)はしとしとまる(まど).            La neige couvre doucement la fenêtre ronde
つもる逢瀬(おうせ)差向い(さしむかい)          côté à côté nous nous sommes épris l'un de l'autre
灯影(ほかげ)つめたく小夜(さよ)ふけて.  La nuit s'approfondit derrière la lumière de la bougie.
もやい(まくら)(かわ)千鳥(ちどり).                      Sur l'oreiller on  entend un pluvier chanter.
祇園恋しや だらりの帯よ      Je me souviens du quartier Gion
                                                        Avec sa ceinture lâche  vue de dos

                                                                                            traduction: Miyoko Miyazawa



2014年7月3日木曜日

Chanson japonaise pour les enfants

まりと殿様
()

une balle et un seigneur


()

<時代背景>

江戸時代の法律で(武家諸法度 1635)将軍の支配下にある地方の大名は、定期的に家来の武士を連れて江戸に赴く事が定められており、3年あるいは1年毎の、兵役で将軍に忠誠を証しました (1862年から3年に一回100) 。大名の妻子は人質として江戸に住んでいました。
この移動は、時に100人から1000人以上を伴う、馬と徒歩の長旅でした。支配階級の威光を示す政治的なショーの役目もあり、同時に大名には多大な出費が課せられたのです。行列が通り過ぎるまで、道行く人は皆、平伏して待ちました。妨害する者は直ちに追い払われ、容易に殺されてしまうこともありました。(ただし緊急を要する飛脚と産婆は例外でした。)
A l'époque d'Edo, le daïmyô (seigneur local qui gouvernait un fief ou un clan, et qui n'était que nominalement inféodé au général) devait se rendre à Édo avec ses samuraïs (ses guerriers) pour assurer ce qu’on pourrait appeler un « service militaire » pendant une période de un à trois ans. Sa femme et ses enfants devaient, eux, habiter à Édo, et étaient pris en somme en guise d’otages.
Ce déplacement représentait un long voyage à pied et à cheval avec une centaine ou  des milliers de personnes.  Ce spectacle faisait le prestige de la classe dominante.  En même temps ce système imposait aux daimyôs de faire d’énormes dépenses.
Pendant que la procession passait, les gens  se rassemblaient et saluaient en s’inclinant respectueusement au bord de la route. Ceux qui la dérangeaient étaient chassés immédiatement ou bien  même tués sans plus de cerémonie (exception faite aux messagers (ou : estafettes) et aux accoucheuses ).



この曲は、西条八十が昭和4年(1929)に子供の雑誌に掲載するため作詞した童謡です。大名行列に子供の手まりが転がりこむという事件が、彼の想像力でおとぎ話のような詩となり、まりは大名の地元の国まで連れて行かれて紀州名産のみかんに生まれ変わりました。曲の二拍子も、まりつき遊びにぴったりで「てんてん」と言うかけ声が、調子を取ります。

Cette chanson, qui conte une histoire, a été écrite en 1929 par un poète très connu, Yaso Saïjyô. Elle a été écrite  pour être insérée dans une revue pour enfants. L’histoire est la suivante : une situation dangereuse est crée par une petite fille qui fait passer une balle devant la procession d'un seigneur féodal. Dans son poème, le poète imagine que, comme dans un conte de fée, le seigneur  rapporte la balle dans son pays natal et finalement cette balle se transforme en mandarine.
Le rythme de cette chanson, en mesure binaire, convient  bien à un enfant qui joue avec une balle et la fait rebondir. Et le mot てんてん  (" Ten ten")  est une onomatopée qui donne un  rythme léger à la scène.  Ainsi autrefois, jouait-on  à la balle en chantant :
« てんてんてんまりてんてまり »
鞠と殿さま



作詞(さくし) 西条八十(さいじょうやそ)  作曲(さっきょく) 中山(なかやま)(しん)(ぺい)

1 てんてんてんまり てん手まり(てまり)
  てんてん手まりてまりの がそれて
  どこからどこまで とんでった
  垣根(かきね)をこえて 屋根(やね)こえて
  (おもて)(とお)りへとんでった とんでった

2 (おもて)行列(ぎょうれつ) なんじゃいな

  紀州の殿様とのさま お国入り
)
  金紋(きんもん)先箱(さきばこ) ともぞろい
  おかごのそばには ひげやっこ
  ()(やり)をふりふり ヤッコラサのヤッコラサ

3 てんてんてんまり てん手まり
  はずんでおかごの やねの上
  もしもし紀州きしゅうの お殿様
)
  あなたのおくにの みかん山
  わたしにみさせて くださいな くださいな

4 おかごはゆきます とうかいどう
  とうかいどうは 松なみ木
  とまりとまりで 日がくれて
  一年たっても もどりゃせぬ
  三年たっても もどりゃせぬ もどりゃせぬ

5 てんてん手まりは 殿様(とのさま)
  だかれてはるばる (たび)をして
  きしゅうはよいくに 
)
  山のみかんに なったげな
  (あか)いみかんに なったげな なったげな






une balle et un seigneur 
1.     Ten ten ten
        Une petite fille fait rebondir sa balle
        Et la balle lui échappe et s'envole, mais d'où à où ?
        Au-delà de la clôture, au-delà de la toiture
        La voilà bientôt arrivée dans la rue principale

        Elle s'envole, elle s'envole.

2.     Mais qu’est-ce que ce défilé ?
        C'est une procession du seigneur de Kishu sur son retour
        A la tête il y a deux paquets alignés, emblème de richessse,
        A côté de la chaise porteuse, un suivant barbu
        Agite une touffe de poils au sommet de sa lance

        Yakkora sa,  Yakkora sa.

3.      Ten ten ten
         La balle est montée en rebondissant
         Sur le toit de la chaise porteuse du seigneur
         "Bonjour le seigneur de Kisyu!
         Je voudrais vous demander  de me faire voir
         la montagne aux mandariniers de votre pays

         Emmène-moi là-bas, emmène-moi la-bas."

4      La chaise porteuse passe sur la route Tokkaido
        La  ligne des pins se prolonge
        Chaque soir a son auberge
         Et la balle ne revient pas chez elle
        Après un an, après trois ans....

         Jamais ne reviendra, jamais ne reviendra.

5.      Ten ten ten
          Dans les bras du seigneur
          La balle voyage au loin, jusqu'a Kishu
          Belle région lumineuse
          Où elle est devenue une mandarine
          Avec sa  couleur rouge dans la montagne verte

Le serait-elle devenue, le serait-elle devenue, 
 Une mandarine ?

traduction; Miyoko Miyazawa

2014年5月10日土曜日

RILKE Visitation マリアのエリザベト訪問

Visitation

RAINER MARIA RILKE

                         traduction de Philippe JACCOTTET


Elle endura d’abord sans grande peine,
mais aux montées,parfois, elle prenait
déjà conscience du miracle dans son corps
et s’arrêtait,reprenant souffle, sur les hautes

collines de Judée.Mais ce qui l’entourait,
c’est moins le pays que sa propre rondeur,
et elle se disait,en marchant,que jamais rien
ne passerait la grandeur ainsi reçue.

Et elle eut très envie de poser les mais
sur l’autre corps, qui l’avait devancée.
Et les deux femmes s’abordèrent,chancelant,
et se touchèrent la robe et les cheveux.

Chaqune , pleine de son saint trésor ,
se protégerait derrière sa commère.
Le Saveur en elle était encore fleur,
mais déjà le Baptiste dans le sein de sa parente,
par joie, ne se retenait plus de tressauter.










マリアの訪問

                        ライナー・マリア・リルケ
     
初めは苦もなく持ちこたえ
しかし登りとなれば、時折、ふと、
すでに身体の不思議さを覚えながら
立ち止まっては一息ついて、高みへと

そこはユダヤの丘。見れば彼女を取りまいているのは
里の地というより我が身の丸みそのもの。
歩みつつ、わかっていく
私のいただいているこの大きさは何者にも超えがたいと。

どうぞ、手を触れさせてください
母として先を行く、もう一人の身体に。    
そして二人の女はゆらゆらと身を寄せ合い
服に髪にと触れ合った。

それぞれ聖なる宝に満たされ
母となる身を 影に日向に庇いあうだろう。
今まだ「救い主」は彼女の内に花として在り、
すでに「洗礼者」は母の胎内で
その喜びをこらえきれずに跳びはねた。

     仏訳:フィリップ・ジャコテ      和訳:投稿者



5月31日は聖母マリアのエリザベト訪問を記念するカトリックの祝日です。
イエスを身ごもったマリアは、先に懐妊している親族のエリザベトを訪ねました。
エリザベトはイエスに先立つ洗礼者ヨハネを生みます。
山里を歩くお腹の丸いマリアの身体は、自身を超えるものによって満たされ、
丸い地平線と一致して世界に呼応するような感覚をもたらします。
それは母なるもの全てに与えられる至福と言えるかもしれません。

この訪問を喜んだエリザベトの言葉がマリアへの祈りとして今日も唱えられ続けています。



Ave Maria

Je vous salue, Marie pleine de grâces;

Le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes

Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu,

Priez pour nous, pauvres pécheurs,

Maintenant, et à l'heure de notre mort.

Amen.


  恵みあふれる聖マリア、

主はあなたとともにおられます。

主はあなたを選び、祝福し、

あなたの子イエスも祝福されました。

神の母聖マリア、

罪深いわたしたちのために、

今も、死を迎える時も祈って下さい。

アーメン。

                   仏日祈祷文 Wikipedia 「アヴェ・マリア」より




3-4行目がエリザベトの言葉に由来します。

私が注目したいのは、「あなたの子イエス」

祈りでは le fruit (果物・果実・子)ですが

   Jésus,le fruit de vos entrailles

リルケの詩ジャコテ訳では fleur(花・華・粉末・におい)

   Le Saveur en elle était encore fleur,


まだ花も咲かず実にもなっていない、兆しのような我が子を、この世界全体と一致させた
スペクタクルは、宗教を超えて語りかけるリルケのマジックでしょう。